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L’échec de l’Eglise Catholique romaine en Europe et en Afrique Une lecture thématique de 'Un Curé Noir' de Cibaka Cikongo


Joseph Musiki

Abstract

This reflection comes from an analysis of the fictional work of Cibaka Cikongo, a black priest. His work is that of global ideology of a christian society conveyed through the behavior of the characters. Indeed, Cibaka Cikong’s novel is the story of a priest tossed between the church of the christianized west and that of magico-fetichist Africa. he urges this brothers in the priesthood to resign, because they no longer carry out the mission of evangelizing the world. Otherwise, he invites them to responsibility, to save the church from mediocrity.


Résumé

Cette réflexion repose sur une analyse thématique de l’œuvre romanesque de Cibaka Cikongo, Un Curé Noir. Cette œuvre offre une critique incisive de l’Eglise catholique romaine, abordant les idéologies véhiculées par la société chrétienne globale à travers les comportements des personnages. En effet, le roman de Cikongo relate l’histoire d’un prêtre tiraillé entre une Eglise occidentale déchristianisée et une Eglise africaine marquée par le magico-fétichisme.


Le protagoniste, un curé noir, lutte contre le paganisme dans lequel, selon lui, les Eglises catholiques d’Occident et d’Afrique ont sombré. Il exhorte ses confrères prêtres à démissionner, estimant qu’ils ont dévié de leur mission première : évangéliser le monde. A défaut, il les invite à prendre leurs responsabilités afin de sauver l’Eglise de la médiocrité. Pour le curé noir, les Africains ont abandonné la croix du Nouveau Testament, symbole de sacrifice, au profit des symboles de l’Ancien Testament, comme la canne magique de Moïse ou la manne tombée du ciel, qui incarnent une forme d’oisiveté.


Selon l’auteur, les Africains privilégient la danse, les sons assourdissants des tam-tams et le spectacle, des éléments qui accompagnent souvent leurs prières. Sous peine de voir ses fidèles se tourner vers des sectes plus animées, l’Eglise catholique africaine tente de s’adapter en adoptant ces pratiques : multiplication des heures de prière, cris, danses effrénées, tout cela dans l’objectif de galvaniser les consciences. Certains prêtres, devenus magiciens ou féticheurs, exploitent la naïveté de leurs fidèles pour s’enrichir grâce aux dons.


Ainsi, l’Eglise catholique semble avoir sombré dans une religiosité dévoyée. La prière, au lieu de demeurer un moment de recueillement spirituel, devient un rituel fétichiste destiné à capter l’attention divine. Cette dérive met en péril la vraie foi, encourage le fondamentalisme, alimente les pratiques magico-fétichistes et détourne l’homme de ses grandes responsabilités historiques.


Journal Identifiers


eISSN: 2666-6782
print ISSN: 2665-9875